Jérôme, Ironman sinon rien!

31 août 2017 - 18:14

Vous l'attendiez tous! Voici le CR de l'IM Vichy de Jérôme! Bonne lecture!

"C'est en Novembre que je me suis décidé définitivement à faire un Ironman pour mes 40 ans.
Par contre, lequel ? La question se posait. J'ai longtemps hésité entre Nice, Venise ou Vichy.
Nice, c'est mythique mais compliqué en camping-car. Venise avec son parcours attrayant et sa facilité de stationnement, devenait La destination idéale pour la course et pour visiter ensuite avec la famille mais par manque de congé, je me suis finalement décidé pour Vichy avec sa nat sans combi et sa chaleur (loin d'être ce que j'apprécie...).
Donc, partie pour une prépa aux petits oignons de Pierre à qui j'ai donné du fil à retordre avec mes nombreuses péripéties entre des problèmes aux genoux, une élongation à un ischio, un arrêt suite à une piqûre d'insecte et à 6 semaines de l'échéance, une bonne gastro qui m'a bien vidé. Parfait pour être optimum....
Pour tenter de me préparer à la chaleur, direction le parcours de Barcelone au mois d'Août, où pas déçu, la température était aux alentours des 35° mais toujours avec du vent.
Fin Août, dernier week-end, arrivée à Vichy. Le samedi, je suis levé tôt pour encourager les copains du TCC où Pierre, Steve et François réalise une super course, ça motive. Mon fils, l'après-midi, court sur l'Ironkids et réalise une belle course lui aussi. Une motivation supplémentaire. Bon, par contre, il fait chaud donc comme prévu, la nat sera sans combi. Pour éviter la déshydratation de l'an dernier sur le 70.3, depuis que je suis arrivée à Vichy, je bois, je bois et je bois (eau ou Saint Yorre). Je n'ai même jamais bu autant de Saint Yorre. Vers 19h, après avoir préparer les différents sacs de transitions, j'arrive au parc où il ne reste plus beaucoup de vélo à installer. Ca reste toujours impressionnant autant de vélos.
Dimanche matin, jour de course, j'ai bien dormi jusqu'à 4h, depuis, c'est plus difficile donc debout à 5h pour bien manger, bien s'hydrater et finaliser la nourriture et les boissons à emporter.
6h15, départ au parc pour poser le reste, s'échauffer comme on peut car il est interdit d'entrer dans l'eau pour s'échauffer avant.
6h50, départ des pros, ça avance.
Je me place dans le sas 72-78 min comme discuté avec Pierre.
7h07, c'est parti !
Même si en nat, je n'aime pas regarder ma montre, avec l'expérience de l'année passée et le fait de nager sans combi, je préfère vérifier le chrono à la bouée 500m. 13'30. C'est mieux que l'an dernier, mais c'est pas l'allure prévu, donc j'accélère mais ça continue de me dépasser. J'attaque le demi-tour, l'eau à beau être à 25,7°, par moment, j'ai la chair de poule. La température extérieur est plus basse, c'est sûrement pour ça. Je sors pour la sortie à l'australienne en 48', c'est nettement mieux que l'an dernier (53') mais j'espérais mieux.
Plongeon. Là, il y a de la place pour bien poser sa nat, je le sens, je le vois je remonte et passe plusieurs groupe de nageur, ça motive. J'attaque le dernier retour, il y a beaucoup plus de monde. Je regarde la montre, je devrais réussir à sortir en 1h31-1h32. Pas si mal. On est un très gros paquet de monde sur la sortie. Je regarde la montre, 1h37, pwouah, c'est quoi ce temps, j'ai nagé moins vite finalement que sur la 1ère boucle. Petit coucou à la petite famille, tout va bien. Je rentre dans le sas pour me changer. Ah; là aussi, faut batailler pour trouver une place pour se changer. Après 9 bonnes minutes pour se changer, prendre les gels, sandwichs et bananes (dédicace à Steve), je rentre dans le parc pour prendre mon vélo et wouah, mais il y a encore un sacré paquet de vélo dans ce parc. J'ai peut-être pas si mal nager que ça au final.
Je pars en vélo, sous la pluie qui elle ne durera pas. Par contre, il ne fait pas chaud et ça durera presque toute la 1ère boucle.
Sur cette partie, je repère plusieurs gars de ma catégorie. On n'arrête pas de se passer, de se repasser. Je regarde très régulièrement le cardio pour rester dans la zone prévu. Là-dessus, pas de soucis, ça restera comme ça jusqu'à la fin du vélo.
2ème boucle, il fait super lourd maintenant. 110ème km, je commence à avoir super mal aux 2 gros orteils. Je desserre les chaussures, je balance de l'eau dessus, ça va mieux. Il faudra le faire régulièrement sur la fin de ce parcours vélo. Dernier ravito, prise de 2 bidons d'eau fraîche qui ne le resterons pas longtemps. A partir de ce moment, j'ai beau boire, j'ai la gorge sèche en permanence. Pourtant je bois, pas question de faire l'erreur de l'an dernier. Au même moment, je commence à avoir super mal au dos mais j'essaie de ne pas y penser. Le cardio, c'est bon, toujours dans la tranche prévu, par contre, la vitesse à baisser sur cette 2nde boucle. C'est pas grave, faut s'économiser pour la cap. J'arrive au parc, j'entends "Allez Jérôme". Cool, c'est Steve. Petit signe et on réussit sa descente de vélo, mon jéjé, pas comme à Barcelone. Dans le sas, une chaleur là dedans. Je m'hydrate, me change, m'hydrate, un gel et c'est partie. Sortie du sas, Steve m'interpelle et me filme
"- ça va ?
- oui, mais j'ai eu mal au dos sur la fin du vélo !
- Et la chaleur ?
- Pas évident !"
Quelques encouragements et je suis parti. Je vois ma petite famille, je check et en avant pour 42kms.
1er km, ravito, j'avale un mélange coca-eau comme prévu. Je tiens l'allure prévu autour de 5'45/km mais aux 4ème km, comme je n'arrête pas d'avoir comme des décharges électriques dans le dos, je me mets à marcher. Tout de suite, la douleur passe, et je marche à 8'30/km, pas si mal pour une marche. Au 7,5, Steve est là, il me relance, j'essai mais j'ai de suite mal, je re-marche, "Allez Jérôme, ça va passer", Je retente et réussi à passer dessus. Au 11ème, comme prévu, je prends un gel, il passe mal. Il fait une de ces chaleurs ! Le ravito d'après, après avoir bu, ça passe pas terrible. C'est pas vrai, je ne veux pas faire comme l'an dernier, je re-marche pour digérer plus facilement. J'ai un début d'ampoule en plus, il reste 28 kms, va falloir soigner ça sinon, la fin sera plus que compliqué. Au 17,5km, la croix rouge, je m'arrête pour avoir un pansement, il me font m'assoir, me soigne, et je suis d'un coup au bord du malaise. Ils me font m'allonger, les jambes en l'air, boire un peu d'eau, un peu de coca, manger un peu de pomme, cherche à me faire abandonner mais j'ai pas envie, un RED'S n'abandonne pas. Je dors un peu. D'un seul coup : "Bah, mon jéjé, qu'est-ce tu fais là, qu'est-ce qui t'arrive ?". C'est Steve, il me re-motive, appelle et me passe Pierre, passage de consigne et c'est reparti. Comme dit Steve, passe le semi et tu iras au bout. Quelques mètres après, Vincent est là avec sa famille, ça fait du bien et ça motive, j'ai pas le droit de décevoir, pas le droit. Je passe le semi, par contre, après certains ravitos, il faut que je marche sinon je sens que ça va ressortir. J'alterne, cap et marche. Pas le choix, mais j'avance. Je me trouve un compagnon d'infortune, plutôt que de se dépasser l'un, l'autre en permanence, on court ou marche ensemble, ça booste. On passe pour la 3ème fois, la finish line. Waouh, cette ambiance. Rien que pour ça, je serais finisher. Pas que, pour ma famille, pour mon père, pour Pierre, pour les potes du TCC, etc... Et Pierre nous a donné une sacré leçon de courage l'an dernier, dans un état pire que moi. Cette finish line, moi aussi, je veux vibrer en la passant. Le dernier tour, le soleil disparaît, il fait bien meilleur, je suis nettement mieux, mon compagnon d'infortune n'arrive plus à suivre, il craque complètement, je le motive, il crampe régulièrement, je le laisse. ET je prends du plaisir à pouvoir courir. Depuis un tour, j'ai trouvé le ravito qui me convient, eau pour se rincer la bouche, quelques bouchées de bananes, un peu de Saint Yorre et de l'eau. Je suis mieux, je remercie les bénévoles. Même les arbitres me félicitent en me dépassant, on discute, ça, c'est une bonne mentalité, c'est toujours mieux que l'autre, en vélo, qui a voulu me cartonner parce que je mettais trop de temps à me laisser glisser suite au dépassement par un autre concurrent. Dernier ravito, dernier passage sur le pont de l'Europe, la descente de celui-ci, dans l'herbe et dans le noir complet, je marche, pas question de se flinguer une cheville maintenant si près du but. Passage de l'herbe passé, c'est reparti, j'entends la finish line, quelle ambiance. J'arrive, c'est mon tour, à moi d'en profiter. Je cherche rapidement mes proches, c'est bon, je vois où ils sont, je n'ai plus qu'à taper dans les mains de tout le monde et quel monde...impressionnant. Un bisou à ma femme et mes enfants. Je passe la ligne mais pas de speaker pour le " YOU ARE AN IRONMAN", pas grave, j'en suis un quand même..... Après une vingtaine de minutes à discuter avec ma petite famille, je m'assoie et là, c'est le drame, je vomis, donc on m'emmène au point médical et j'ai droit à une perfusion, plus de confort pour profiter du ravito final et m'éviter de re-vomir mais perf quand même. Comme quoi, Vichy sans la chaleur, c'est pas Vichy, bah pour moi, Vichy, sans perfusion, c'est pas Vichy.
Je suis super content d'être arrivé au bout, d'être finisher. Certes, pas comme j'espérais mais finisher quand même et c'est bien là l'essentiel. Et comme dis un triathlète du club qui se reconnaitra : "Si je mets du temps sur une course, c'est pour rentabiliser mon inscription". Je finirais en remerciant tout le monde, tous ceux qui m'ont encourager, suivis, supporter. Je remercie tous les potes de club pour les entrainements ensembles, Seb C pour les nombreuses heures passées à s'entrainer ensemble, Vincent d'être venu, Steve pour m'avoir relancer à plusieurs reprises et qui a tout fait pour que je finisse, plus particulièrement Pierre pour ces plans et sa patience et surtout, ma femme et mes enfants pour mes nombreuses absences, pour me supporter et me permettre de faire tout ça. MERCI à tous et lancer vous dans l'aventure, c'est vraiment génial. YOU ARE IRONMEN"

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